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  • Défi Atlantique GPO 2019

Changement de rythme !

Après trois journées de cavalcade effrénée en avant d’un front dépressionnaire, les 11 Class40 en course vers La Rochelle commencent à ressentir l’affaissement des régimes de vents soutenus de secteur Sud-Ouest, au profit de conditions de vent et de mer beaucoup plus - trop ? - calmes. La mer se lisse en effet à l’approche d’une dorsale anticyclonique qui barre la route du Golfe de Gascogne vers La Rochelle, terme de ce Défi Atlantique débuté le 24 mars dernier à Pointe-à-Pitre. Leader tout en maitrise depuis les premières heures du départ de Horta, Earendil, manié par l’italien Pietro Luciani, voit ses très hautes vitesses* du début de semaine fléchir singulièrement, alors qu’il tente de prolonger jusqu’au bout son long bord tribord amure très efficace en progression sur la route directe.



Ses deux poursuivants immédiats, Kito De Pavant (Made in Midi) et le Rochelais Aymeric Chappellier (Aïna Enfance et avenir) ont déjà dû effectuer de petits contre-bords pour se recaler sur la route et dans la bonne veine de vent. Bilan : ces deux prétendants à la victoire d’étape concèdent ce soir respectivement 18 et 25 milles de retard, à quelques 480 milles de l’arrivée. Des milles qui vont se transformer en temps à l’approche des zones déventées, quand chaque hectomètre se paiera cher au chronomètre. Ciel bas et gris, températures en chute libre, l’entrée dans le Golfe de Gascogne en ce début de printemps n’est guère souriante aux navigateurs venus de Guadeloupe.


Des matches dans le match

Chaque équipage engagé dans ce Défi Atlantique joue sa partition au maximum de ses capacités, et trouve dans cette flotte si internationale, motifs à se prendre au jeu de la régate et de la compétition. Ainsi, la plus Normande des Britanniques, Miranda Merron, (Campagne de France) s’acharne-t’elle à dépasser les italiens d’Andrea Fantini (Enel Green Power) pour le gain de la très honorable 4ème place. Un peu plus en retrait, Edenred (Emmanuel Le Roch) et les malouins d’Athena Groupe Immobilier - Mer entreprendre (Thibaud Hector) se défient, quasiment à vue. La dernière place, longtemps la propriété de Loïc Féquet (Tibco), reparti tardivement de Horta après son long ralliement depuis les Bermudes, vient d’échouer à Marc Dubos (Esprit Scout), lourdement handicapé par son problème de bout-dehors qui ne lui permet pas d’envoyer la toile du temps. Loïc Féquet ne s'est pas pour autant arrêter là puisqu'au classement de 16h00 ce jour, il glisse à la remarquable 8e place de l'étape en coiffant Yoda de Franz Bouvet de quelques milles... Incroyable !!!!



ETA difficile...

Difficile en ce début de 4ème jour de course, de s’engager sur une heure d’arrivée à La Rochelle. Le scenario des prochaines heures rend difficile la juste appréciation des conditions en développement dans le Golfe de Gascogne. La dorsale qui s’alanguit devant les Class40 peut se contourner, ou se traverser, au gré des estimations et des préférences de chacun, dans du vent faible à très faible, dont l’orientation fluctuera d’heure en heure pour les téméraires…


*Un mot sur le record des 24 heures.

Les conditions de vent, fort et bien orienté par le travers arrière des monocoques de la Class40, voyaient au départ d’Horta nombre de marins laisser libre cours à leurs envies de vitesse et de performance, au point d’envisager ni plus ni moins que d’aller, en ce début de semaine, titiller le record absolu de distance parcourue en 24 heures par un voilier de la Class40 (377 milles, 15,7 noeuds de moyenne, propriété de V and B et Maxime Sorel en 2017). Un vent un peu moins fort que prévu, sur une mer plus dure qu’initialement envisagée, auront eu raison de ces légitimes aspirations. Earendil est le voilier qui s’est le plus rapproché du chrono record, avec 368,74 milles avalés à la vitesse moyenne de 15,4 noeuds. Aïna Enfance et avenir peut se féliciter d’une jolie trace de 351, 63 milles (14,7 nœuds de moyenne), tandis que les étonnants italiens d’Enel Green Power, et leur 40 pieds lancé en 2006, ont aligné hier 346,09 milles, à 14,4 noeuds de moyenne. Respect !


Classement à 16h00 heures françaises :

1. Pietro Luciani (Earendil – 145) > 455,9 milles de La Rochelle

2. Kito De Pavant (Made in Midi – 142) > +18,5 milles

3. Aymeric Chappellier (Aïna Enfance et Avenir – 151) > +22,8 milles

4. Miranda Merron (Campagne de France – 147) > +35,7 milles

5. Andréa Fantini (Enel Green Power - 55) > +38,1 milles

6. Charles-Louis Mourruau (Colombre XL – 101) > +67,1 milles

7. Emmanuel Le Roch (Edenred – 100) > +86,7 milles

8. Arthur Hubert (Athena Groupe Immobilier – Mer Entreprendre - 152) > +97,4 milles

9. Loïc Fequet (Tibco – 123) > +117,8 milles

10. Franz Bouvet (Yoda – 65) > +119,5 milles

11. Marc Dubos (Esprit Scout – 81) > +132,6 milles


Abandon. Luke Berry (Lamotte - Module Création – 153)


Retrouvez tous les mails et les infos du large sur la page Facebook de la course : https://www.facebook.com/DefiAtlantiqueGPO/


Classements et cartographie : http://defi-atlantique.geovoile.com/2019/tracker/


Texte : Denis van den Brink / GPO

Photo : Pierrick Garenne / GPO

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