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TOURNANT TACTIQUE EN VUE !

Dernière mise à jour : 5 avr. 2023

La flotte du Défi Atlantique en termine avec son deuxième jour de course. Deux jours d’une intense navigation travers à l’alizé, avec son corollaire de vent soutenu, sur une mer agitée qui a bien bousculé organismes et matériels. Deux jours pleinement dédiés à la vitesse pure sur une route obstinément calée au Nord, sur un même bord tribord, avec au final et sur le plan comptable, une belle progression pour chacun des protagonistes, au maximum de leurs potentiels respectifs. En capacitée de tutoyer les 300 milles parcourus en 24 heures, le leader Italien IBSA Group fait parler la puissance et l’efficacité de son Mach 5 dernière génération. Alberto Bona et ses deux équipiers Pietro Lucciani et Pablo Santurde sont logiquement les premiers à entrer dans la première grande difficulté de cette transat d’Ouest en Est : la négociation d’une succession de zones anticycloniques, peu ventées par définition, préludes à l’arrivée en fin de semaine du système dépressionnaire et ses vents d’Ouest propices à une route portative vers les Açores.

Rapide route au Nord

Aux allures plus débridées qu’anticipé au moment du départ, les Class40 ont pu, ces dernières heures, progresser rapidement vers le Nord. Certes, le prix à payer en inconfort a été conséquent. Humidité permanente, bonds et rebonds incessants, hommes et bateaux sont entrés sans mise en jambe dans la réalité de ce parcours original qui passe invariablement par un cap plein Nord pour contourner l’anticyclone des Açores. Les plus récents designs se montrent redoutables et scindent à près de 12 noeuds de moyenne la flotte, entre nouvelle et ancienne génération. Ils sont ainsi 6 à naviguer regroupés en une trentaine de mille, entre le leader IBSA et Everial à Erwan Le Draoulec (177), 6ème, tandis que Franz Bouvet et son Yoda (65) ferment la marche avec désormais plus de 135 milles de retard. Tous mettent insensiblement de l’Est dans leur route, accompagnant la légère rotation du vent à l’Est Sud-Est. La mer se calme, le vent mollit, le soleil brille et l’humeur des 12 équipages (Jules Bonnier – Nestenn - Entrepreneurs pour la planète se débat toujours à Pointe-à-Pitre avec ses soucis de barreau de barre de flèche) est au beau fixe. Les températures commencent à baisser, rendant la vie à bord beaucoup plus agréable. La cavalcade débridée du début de course va très progressivement laisser place à une navigation plus posée, plus réfléchie, où le placement par rapport à l’évolution des zones de haute pression en approche va devenir de plus en plus prépondérant. L’heure est à l’analyse, à la projection, à l’intuition aussi, tant la météo s’annonce instable, changeante, voire piégeuse. Entre le front en approche, et les zones de calme, le passage des Class40 rétrécit et les deux prochains jours imposeront aux navigateurs un délicat épisode de « tricotage », avant l’établissement en fin de semaine d’un régime de Sud-Ouest synonyme de changement d’amure et annonciateur des forts vents du système dépressionnaire en phase de construction du côté de la Nouvelle-Ecosse.



La belle progression de Marc Lepesqueux (Curium Life Forward)

Le classement au tableau d’affichage n’a ainsi guère eu l’occasion d’évoluer depuis le départ de la Guadeloupe. Derrière l’impressionnant leader IBSA et son ébouriffant équipage Italo-Espagnol, c’est un autre team Italien, celui d’Ambrogio Beccaria et ses hommes d’Allagrande Pirelli (Gianluca Guelfi et Alberto Riva) qui résiste avec une belle âpreté aux assauts d’un Crédit Mutuel déchainé, au point d’arracher à Antoine Carpentier l’aveu suivant : « Ils vont vite ces italiens. Nous ne sommes pas parvenus à les contenir ! » Aveu tout relatif au regard des 11 malheureux petits milles qui séparent l’équipage de Ian Lipinski (avec Rémi Fermin comme troisième homme), des navires Azzurri. Curium Life Forward et son équipage de double, Marc Lepesqueux et Renaud Dehareng se sont hissés à la quatrième place au bénéfice d’une route plus à l’Est. En lofant davantage que ses proches adversaires Everial et Tquila (Brian Thompson et Alister Richardson), le Normand signe la plus rapide progression de la flotte ces dernières heures.

Le relatif ralentissement de la flotte permettra t’il aux retardataires de stopper l’hémorragie de milles ? Tous, d’Axel Tréhin, 7ème à bord de Project Rescue Ocean, à Yoda en queue de peloton, naviguent au maximum de leurs potentiels. Plus que jamais la tactique et les choix de route s’avèrent déterminants pour les poursuivants, à l’heure où les leaders commencent à buter dans l’anticyclone.

Les mots du jour :

Axel Tréhin - Project Rescue Ocean (162)

« Tout va bien à bord de Project Rescue Ocean, après un départ fort sympathique en Guadeloupe, cela fait maintenant 1 jour et demi que nous faisons route vers le nord nord-est dans de l'alizé pas très stable. L'équipage se porte au mieux et est bien rentré dans le rythme des quarts, je dois avouer que naviguer à 3 c'est bien confortable après le rythme de la Route du Rhum ! Dimanche c'était l'anniversaire de Laurent, on a sorti le brownie de circonstance, c'était pas mal mais on attendra les Açores pour trinquer ! On a été bien embêtés par les sargasses au début mais depuis 12h c'est moins pire, pourvu que ça dure. »


Franz Bouvet - Yoda (65)

« En route vers le nord au près. Belle ligne de grains hier matin avec des pointes à 35 noeuds. le vent a légèrement faibli à 15 noeuds. Tout va bien à bord »

Jean Baptiste Daramy - Chocolat Pariès – SCREB (123)

« Tout va bien à bord du 123. Toujours au près bon plein, à 70° du vent réel. Beau temps, belle mer.

La mer est mieux rangée que hier, le vent a aussi molli. On se fait des quartsde 2 heures, ça permet de bien se reposer. »

Antoine Carpentier - Crédit Mutuel (158)

« Ils sont allés vite les Italiens. On n’a pas réussi à les contenir. On est sous gennaker, super conditions, super sympa. Ca avance bien ! On s’accroche ! La route est longue ! Bonne ambiance à bord, assez sérieuse même. On a une micro fuite de ballast au dessus de la zone de bannette... on va profiter de la molle d'aujourd'hui pour essayer de colmater cela».

Lundi 3 avril 2023 - Classement à 16h00 (heures françaises)

Lien classement & cartographie : www.defi-atlantique.com – Mise à jour toutes les deux heures.

1. Ibsa Group - Alberto Bona à 1 772 nm de Horta

2. Allagrande Pirelli - Ambrogio Beccaria à 1 778,3 nm + 5,6 nm

3. Crédit Mutuel - Ian Lipinski à 1 783,2 nm + 10,5nm

4. Curium Life Forward - Marc Lepesqueux à 1 788,8 nm + 16,1 nm

5. Everial - Erwan Le Draoulec à 1 801,6 nm + 28,9 nm

6. TQuila - Alister Richardson à 1 802,1 nm + 29,4 nm

7. Project Rescue Ocean - Axel Trehin à 1811,8 nm + 39,1 nm

8. Chocolat Paries - Screb - Jean-Baptiste Daramy à 1 843,6 + 70,9 nm

9. Vicitan - Olivier Delrieu à 1878,3 nm 105,7 nm

10. Dopamine Sailing Team - Raphaël Auffret à 1 884,4 nm + 111,8 nm

11. Prendre la mer, Agir pour la forêt - Mathieu Claveau à 1 896,7 nm + 124,1 nm

12. Yoda - Franz Bouvet à 1914,6 nm + 141,9 nm

13. Nestenn - Entrepreneurs Pour La Planète - Jules Bonnier à 2 211.1 nm + 212.3 nm



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